SE CHANGER SOI POUR CHANGER LE MONDE
“Je pense donc je ne suis plus” ? “Suivre ou ne plus suivre” : telle est la question
“Celui qui
croit à la force de l’eau douce, devient un danger pour toutes
les pierres.”
Eugen Drewermann
Cela fait quelques décennies que les écologistes nous parlent du réchauffement climatique. Nous commençons à peine à écouter ces discours, et nous poser les premières questions pour y remédier, qu'ils nous disent déjà que le réchauffement et ses conséquences arrivent plus rapidement que prévu.
Cela fait quelques décennies que l'on nous parle de l'arrivée du pic pétrolier (pic de Hubert), lorsque la production journalière de pétrole aura atteint son maximum, alors que la demande continuera à croître. Les pays émergents, l'Inde, et la Chine, ne cessent d'augmenter leur consommation pour venir rejoindre nos modes de vie. Ni la spéculation qui fait bondir le prix du baril au dessus de 150 dollars, ni la crise financière qui le fait retomber à un niveau plancher n'aide à la prise de conscience que la pénurie nous guette.
Nous savons, ou concevons que l'occupation de l'Irak, et ses centaines de milliers de morts, est directement liée au potentiel de production de pétrole de son sol.
Le prix des denrées alimentaires de base est en train de s'emballer. Le nombre de personne menacées de famine dans le monde augmente de dizaines de millions en un an, pour avoisiner le milliard actuellement. Les bio-carburants, censés aider à la diminution de consommation du pétrole, ne sont pourtant pas étrangers à tout ceci.
Toutes ces problématiques n'en font qu'une : elles sont directement liées à notre mode de vie actuel.
Nous regardons quotidiennement à la télé, les guerres,
la violence, les catastrophes, la misère, les injustices, la dégradation
des conditions de vie sur terre. Et nous attendons patiemment que les
autorités fassent le nécessaire pour enrayer tout cela de
notre monde.
Pourtant, la situation se détériore encore et toujours, même si nous préférons souvent garder nos oeillères.
Les manifestations, les pétitions, les grèves, etc. n'ont plus d'effet sur les décideurs politiques, ou si peu.
Que peut-on bien faire alors face à cela? Comment peut-on passer outre le sentiment d'impuissance?
Par quel bout, en tant que citoyen, peut-on aborder tous ces problèmes afin que notre action puisse peser dans la balance pour changer les choses?
Dans quelle direction s'engager, que faire à titre individuel et collectif, qui ne soit pas une goutte d'eau dans l'océan, et puisse rayonner et influencer le plus loin possible?
Nous déclarer impuissants ne fera que prouver que ne rien faire aide à ne rien changer. Râler ou se plaindre ne changera rien au problème, sinon en lui donnant du poids, en lui donnant plus de place, et de la sorte, en lui permettant de s'étendre. Nous agiter dans tous les sens pour nous rassurer qu'on aura au moins fait quelque chose, ne fera pas plus avancer les choses.
Je pense qu'il y a plusieurs pistes pour agir, et qu'elles doivent être menées de front.
Celles dont je vais parler sont toutes individuelles . Et c'est intentionnellement que je ne parlerai que d'elles pour deux raisons :
La première, et la plus importante, c'est que, comme le disait Einstein : « La manière de penser qui a généré un problème ne pourra jamais le résoudre. » Et pour apprendre à fonctionner différemment, il faut toute une série de conditions que l'on ne peut remplir qu'en changeant d'abord à un niveau individuel (même si le soutien des groupes et collectivités n'est pas négligeable). Le changement individuel est donc préalable aux actions collectives, bien qu'il n'exclue pas ces dernières, bien au contraire. Je pense qu'il est inutile de s'investir dans le collectif, tant que nous fonctionnons de manière problématique (avec un mode de pensée qui a créé, crée, et continuera à créer, des problèmes tant qu'il sera présent).
La seconde raison est tout simplement que je ne me sens pas compétente pour proposer des actions collectives adéquates, je préfère donc laisser cela à d'autres. Je me contenterai juste de lancer une piste en citant l'existence de l'intelligence collective, dont un article résumé tente de décrire ce phénomène encore peu connu.
Alors, quels sont les changements que nous pouvons effectuer à titre individuel?
Tout d'abord, celui de prendre conscience que, si nous ne sommes pas directement à l'origine du désastre dans son ensemble, notre mode de vie quotidien y participe de façon importante, et nous pouvons dès lors décider, à un niveau individuel, de prendre nos responsabilités en arrêtant de participer activement à tout ce qui contribue au réchauffement climatique, au gaspillage (direct et indirect) d'énergie et de denrées alimentaires, etc.
La légende du colibri illustre assez bien cette responsabilité.
Quelles que soient les conséquences de nos actes sur la totalité d'un problème : tant qu'ils iront dans la direction d'y participer, nous serons aussi responsables de ce problème. Je ne parle pas de culpabilité, mais de responsabilité. Il ne s'agit pas de chercher la faute, il s'agit de chercher des solutions.
Car à l'origine de nos actions « sont » nos attitudes. Ces attitudes sont la conséquence de nos pensées et modes de pensées, et celles-ci sont induites par notre manière de regarder, aborder la réalité : les lunettes de nos croyances, les conditionnements de notre éducation. Et c'est donc tout ce processus qu'il va falloir remettre en question et modifier.
Cette prise de conscience n'est pas nécessairement volontaire, et tant qu'elle n'a pas lieu, les efforts, quels qu'ils soient, ne peuvent mener bien loin.
Une fois la conscience de la responsabilité que nous avons individuellement dans le processus planétaire, établie, il est alors possible de s'investir dans d'autres changements. Ceux-ci concernent l'information, la capacité à penser par soi-même, les attitudes de consommation, la communication relationnelle, la non-violence, la recherche d'influence, la gestion du temps, la gestion des pensées, l'attitude positive, la conscience de la relation entre monde intérieur et la réalité extérieure, nos croyances et conditionnements, la foi que nous avons dans ce que nous faisons.
*
* *
1/ Se distancer des mass-médias et de la culture de masse.
Se distancer des mass-médias signifie presque impérativement d’éteindre définitivement le poste de télé, la radio, de ne plus acheter ni journaux ni magazines, et de refuser le courrier toutes boîtes (pubs et journaux), et de s'éloigner du reste de la culture de masse. Ce refus peut a priori sembler radical, et même aberrant, mais une fois mis en pratique, il permet de prendre la mesure de l’emprise qu’ont les mass-médias sur nos connaissances, sur nos modes de pensée, sur notre façon de concevoir le fonctionnement du monde, de la politique, de l’économie, des relations humaines, etc., y compris sur l’organisation de notre propre vie au niveau individuel. En consacrant notre temps aux mass-médias nous nous offrons à l’anesthésie de notre conscience. Car ceux-ci nous encouragent à somnoler dans un train-train de citoyen docile.
Savoir que tous les mass-médias sont dans les mains de gens dont seuls les intérêts financiers comptent, aide à cette prise de conscience.
En nous croyant bon juge, doué d’esprit critique, nous ne stoppons pas réellement leur influence, restant hypnotisés sans en être conscients : involontairement manipulés à souhait.
Et l'indépendance face aux mass-médias a de grands avantages. Elle permet de retrouver une bonne part de sérénité. Elle génère une énorme disponibilité en temps que l’on peut dès lors mieux gérer. Elle génère une réouverture vers les relations sociales. Elle permet de consacrer l’énergie que l’on perdait à s'abrutir ou paresser devant le poste, à des objectifs plus constructifs, plus créatifs, plus ludiques, plus épanouissants. Et elle permet avant tout de retrouver les capacités de penser de manière autonome.
2/ S’informer plus objectivement
Il existe bien d’autres moyens efficaces et plus honnêtes de s’informer : via les associations, via certains événements politiques et culturels (conférences, forum, débats, etc.), via les livres, via internet et les sites alternatifs qui s’y trouvent. Le tout consistant à diversifier les sources d’informations, rester critique et faire tout de même des choix cohérents.
Il semble important également d’avoir conscience que quel que soit notre niveau d’information nous n’aurons jamais qu’un regard tronqué sur la réalité. Mais nous pouvons tenter de comprendre selon nos aptitudes, avec le plus de justesse possible. Cela permet la tolérance pour les gens qui ont des opinions opposées aux nôtres, et de ce fait rend possible parfois d’agir avec eux dans un but commun. Mieux vaut éviter toutefois de se gaver d’information. Il n’est pas nécessaire d’être spécialiste et connaître tous les détails de l’actualité au quotidien, ni de se lamenter en permanence sur ce qui ne va pas, afin d’être efficace pour changer les choses en soi et autour de soi.
Cette première étape est indispensable pour reprendre contact avec la réalité, et pour recentrer nos énergies vers plus de cohérence entre qui nous sommes et ce que nous faisons au quotidien.
3/ Se situer comme individu dans le système
Le pouvoir démocratique du citoyen ne se limite pas au vote et à l’action militante ou lobbyiste. Les prises de conscience se font de plus en plus dans le monde et si nos vies dépendent en grande partie des décideurs capitalistes, les gens qui n'adhèrent plus à ce système se comptent par millions, voire déjà par milliard, et commencent à se manifester, à communiquer entre eux, à se solidariser, à s’organiser, fonctionner en réseaux, sans plus prêcher d’abord chacun pour sa chapelle comme par le passé, mais en regardant tous un unique objectif commun. Or les gens concernés potentiellement représentent plus de 99% de la population mondiale qui pourraient un jour y mettre du leur.
Notre inertie face à ce à quoi nous n'adhérons pas, n'est rien d'autre qu'une participation à cela sous forme de complaisance. Et cette complaisance a un impact bien plus important que le vote que nous pouvons effectuer, dans la direction opposée, pour élire nos élus locaux, régionaux, nationaux ou européens.
A l'inverse, le refus de participer, et l'investissement dans des changements personnels d'ordre intellectuel et psychologique, pourront se traduire en actions alternatives individuelles puis collectives , et porter les changements bien plus loin qu'on ne l'imagine.
4/ Agir quotidiennement et à tous les niveaux de notre vie
En tant que citoyen dans un pays occidental, nous sommes des consommateurs et sommes considérés comme tels par les multinationales et toute la sphère capitaliste. Les profits commerciaux existent donc bel et bien grâce à chacun de nous, et changer notre façon de consommer peut réellement changer la face du monde si nous ne sommes pas seuls à le faire.
Refuser de rester purement consommateur, c’est arrêter d’acheter tout et n’importe quoi comme on tente de nous le dicter. Nos achats peuvent reprendre leur dimension originelle et avoir pour unique but de subvenir à nos besoins premiers.
Laisser tomber le superficiel, le futile, les gadgets, les collections en tous genre est un apprentissage de tous les jours. On peut aussi se fournir en produits locaux, de saison, biologiques, éthiques, voire équitables; via des circuits de distribution courts, pour les aliments; en fibre naturelle et bio pour les vêtements; privilégier les achats d'occasion, les meubles en bois FSC, le papier recyclé; s'orienter vers le végétarisme; voire produire soi-même une part de son alimentation; éviter les préparations, la mécanisation, l'accumulation d'objets de luxe; faire soi-même dans les domaines de la cuisine, du jardinage, du ménage, de la couture, et de réparations diverses. Chacun à son niveau.
En dehors de la consommation pure et dure, il y a notre mode de vie qui peut changer. Après avoir arrêté la télé, la radio et les magazines, peuvent suivre la suppression de la voiture, la diminution de consommation en eau, gaz, électricité, papier, emballages etc. Encore une fois, chacun à son niveau.
Les associations de consommateurs et pour l’environnement publient régulièrement les 1001 trucs pour y parvenir. La conscientisation, la créativité, la solidarité peuvent faire le reste.
Nous pouvons également modifier notre conception des loisirs, des cadeaux, de la fête, des vacances, etc.
Pour s’amuser, offrir, célébrer, témoigner notre affection, rire, nous épanouir, nous délasser, nous détendre ; rien n’oblige de dépenser, gaspiller, posséder, épater.
Il existe aussi tous les systèmes de prêts et d’échange comme les médiathèques, les bibliothèques, les SEL, ainsi que le commerce de seconde main.
Nous pouvons regarder le monde, et regretter qu'il ne fonctionne pas comme nous l'avions espéré, en dénonçant un à un tous les dysfonctionnements. Cependant, nous sommes formatés à l'image de ce monde. Nous avons coutume de fonctionner comme lui.
Tant que nos opinions ne sont pas liées à notre expérience, à notre réflexion propre, mais sont calquées sur des opinions extérieures à nous, que nous avons adoptées, nous ne changerons pas grand chose ; notre discours ne portera pas, notre attitude n’influencera pas. Nous serons incapables d’évoluer, de témoigner, d’avoir un impact réel et durable sur le monde qui nous entoure.
Pour créer la cohérence entre notre discours et nos actes, entre nos pensées et la réalité, il est nécessaire de travailler à notre cohérence intérieure.
Les grandes idées ne peuvent changer le monde sans être pratiquées au quotidien via une multitude de petits actes, de paroles, de gestes.
Au-delà de la consomm'action et de la citoyenneté responsable, c'est donc aussi, et en fait, surtout, notre mode de fonctionnement psychologique qui est en cause. C'est à ce niveau là que la citation de Einstein (« La manière de penser qui a généré un problème ne pourra jamais le résoudre. »), s'applique au mieux. Car le plus souvent, d'un côté nous dénonçons les problèmes hors de nous-mêmes, alors que nous ne cessons de les perpétuer au travers de ce que nous faisons, disons ou pensons.
Il ne s’agit pas de quitter un modèle qui nous a été inculqué et auquel on veut refuser de coopérer et d’entrer dans un nouveau moule qui nous est proposé. Il s’agit d'arrêter d'être somnolents et abrutis par une vie que nous n’avons pas réellement choisi de mener, et de retourner à notre réelle authenticité, de tirer les leçons de nos expériences, de réapprendre à se faire confiance, d’être à l’écoute de nos intuitions, de retrouver notre esprit critique. Et pour pouvoir sortir du moule, il faut d’abord être prêt à accepter, puis reconnaître que nous sommes dans ce moule.
C’est un travail de longue haleine, de goutte à goutte. Les étapes primordiales sont le réveil : prendre conscience que nous avons une responsabilité et un pouvoir en tant qu’individu et la décision de l’assumer. Que le réveil soit lent ou brutal, il mène forcément tôt ou tard à un niveau de conscience suffisant qui force la décision, le changement.
Et agir ne peut se faire que :
- parce qu'on a conscience de ce qui ne va pas ;
- parce qu'on a soif que ça aille mieux ;
- et parce qu'on se sent aller mieux soi-même en agissant pour le
mieux des autres.
Car on fait partie des autres, tout simplement.
A priori bouger et changer tout seul dans son coin est une cause perdue. Mais ce n'est qu'un a priori. Tout d'abord, nous ne sommes pas responsables de la responsabilité des autres. Mais surtout, si nous ne sommes pas au courant de ce que d'autres font dans leur coin, cela ne veut pas dire que personne ne se bouge ailleurs. Et puis enfin, si chacun attend que les autres commencent d'abord, on a trouvé là le moyen de ne jamais y arriver.
Il existe un quatrième argument qui concerne l'existence possible de l'influence des champs morphiques dans les changements collectifs. A ce sujet, voir l'article "du centième singe aux champs morphiques, de la légende à l'hypothèse scientifique".
On peut également penser qu'un changement individuel ne fait pas le poids et que l'initiative doit venir d'en haut (des pouvoirs institutionnels ou du hasard), or les décisions à un niveau supérieur ne seront prises qu'en aval, quand les changements chez les individus les porteront. Ils sont donc postérieurs aux changements individuels.
En mettant la distance avec les mass-médias, en arrêtant notre consommation hémorragique, nous nous aidons à nous recentrer sur nos propres besoins, nos propres objectifs. Nous aurons moins besoin d'argent, nous aurons moins besoin de courir. Nous nous retrouverons à nouveau capable de faire des choix et de penser, et nous n'acquiescerons plus aveuglément à tous les dictats et modes de pensée qui nous sont parachutés de partout. Nous saisirons le décalage entre la réalité que nous voulons et pouvons vivre et celle que l'on tente de nous imposer.
En dirigeant notre action contre tout ce qui ne va pas, nous sommes dans une attitude défensive. En dirigeant notre action pour ce que nous voulons atteindre, nous sommes dans une attitude constructive. Et tant que notre discours consiste à nous défendre de raisonnements auxquels nous n'adhérons pas, c'est que nous continuons à nous identifier à ces raisonnements, sans suivre les nôtres propres.
Quand nous dénonçons un problème extérieur à nous, bien souvent nous proposons une solution tout aussi problématique, car cette solution répond à la même logique que celle du problème dénoncé (faire la guerre à la guerre, utiliser le rapport de force).
Connaître les problèmes sans se focaliser sur eux permet d'opter pour une approche créative et amène à découvrir de nouveaux modes de fonctionnement, à utiliser des solutions inattendues et plus adéquates.
Le monde fonctionne à l'image de ceux qui le composent. Il fonctionne mal, et c'est nous qui le composons. Ce que nous combattons à l'extérieur de nous, nous ne pourrons le modifier que lorsque nous aurons conscience que cela correspond à notre mode de fonctionnement intérieur. En changeant à ce dernier niveau, nous quittons le stade de l'impuissance et faisons croître de façon importante notre impact sur le monde.
En effet, outre le fait que nous participons pratiquement au système, par le truchement de la consommation, nous le reproduisons également chacun à notre échelle, en perpétuant les valeurs sur lesquelles il est fondé.
Car nous avons été influencés par le système dans lequel nous vivons, et cela depuis tellement longtemps et de façon tellement massive que nous l’avons intégré en nous. Nous sommes la plupart du temps incapables de faire la différence entre les valeurs auxquelles on nous a tout doucement conditionnés et nos valeurs propres.
Nous avons intégré les modèles imposés, intellectuellement mais également psychologiquement et même physiquement (au travers de notre culture alimentaire, de la façon de préserver notre santé, notre gestion du temps, etc.)
Nous en sommes arrivés à trouver normal de suivre la mode, voire de trouver inadapté de ne pas la suivre. Nous ne songeons plus à réparer les appareils défectueux ou en panne, nous les jetons. Tout doit aller vite. Nous finissons par juger inefficace le fait de prendre notre temps pour nous préparer à manger, et pire même, de prendre du temps pour manger. Tout doit être automatisé. Nous sommes frustrés quand nous devons attendre une livraison, un courrier, une information, un bus, un rendez-vous. Nous sommes devenus totalement incapables d’envisager une seconde de vivre sans la technologie, sans le stress, sans toutes les inventions intervenues ces dernières années. Et par dessus tout, nous sommes devenus incapables de réfléchir par nous-mêmes, en particulier, sur les sujets qui nous concernent directement, convaincus que les personnes médiatisées ou diplômées qui nous sont présentées comme des experts, savent mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous.
Nous finissons par approuver la course au profit, au point de tenter de bénéficier d’une part du gâteau, influencés que nous sommes par une opinion commune rarement contredite. Et si nous avons le moindre doute à ce sujet, l’idée d’être seul contre tous à oser désirer autre chose nous conduit inexorablement à la conclusion que nous sommes impuissants et ne pouvons donc plus que laisser faire.
Mais nous pouvons nous réapproprier nos capacités intellectuelles, réapprendre à écouter notre coeur, à faire confiance en notre bon sens et à notre intuition. Il faudra réapprendre à vivre en fonction d’autres références en développant des alternatives culturelles, permettant, dans un premier temps, de vivre dans un monde décadent sans y participer activement. Cette prise de conscience est l’élément clé du processus de transformation, sans elle, rien ne changera vraiment.
Quand nous communiquons, nous confrontons notre propre perception du monde à celle des autres. En quittant les rapports de force dans nos relations, en étant à l'écoute, l'écoute active des besoins de l'autre, et en apprenant à exprimer nos propres besoins, nous glisserons vers une communication d'échange qui s'ouvre à tous les possibles. Non seulement nous évoluerons vers des rapports aux autres plus sains, mais nous deviendrons capable de reconsidérer nos croyances et nos certitudes. Et cela nous permettra d'atteindre une compréhension de plus en plus réelle des autres, du monde, de nous-même. En conséquence, nous transformerons d'une part nos relations et notre influence sur le monde, et d'autre part nous modifierons en profondeur nos systèmes de croyances et nos modes de pensée.
Ce n’est pas en faisant la guerre à la guerre que l’on obtient la paix. Et ce n’est pas en construisant des canons qu’on prépare la paix. Car la paix n’est pas l’éradication de la guerre, c'est la prédominance de la tolérance, du respect, de la bienveillance, de la générosité.
Le principe de non-violence, au-delà du choix de ne pas pratiquer la violence contre l'auteur d'injustice, implique le choix de le comprendre et de l'influencer par la voie du coeur.
La non-violence invite à ne pas coopérer à tout ce qui engendre l'injustice. Elle quitte les domaines des raisonnements cartésiens et des rapports de force, pour rayonner l'authenticité, la soif de justice et la générosité.
L'intérêt de notre transformation c'est qu'elle puisse faire profiter notre entourage et au-delà. Implicitement le changement aura un effet de contagion par l'exemple visible que nous pouvons donner, par notre témoignage, par le partage de nos convictions. Au-delà, il serait vain de tenter d'adopter un comportement missionnariste ou péremptoire. Il ne s'agit pas d'asséner des vérités autour de nous, de faire pression, de culpabiliser ou manipuler. Il s'agit bien plus d'influencer par notre authenticité, notre cohérence. Poser des questions, titiller, peut également faire mouche, même si ce n'est pas dans l'immédiat. La démarche se doit d'être honnête, dans le respect d'autrui.
Notre discours, nos comportements peuvent amener à créer un doute, entrouvrir des portes. Libre à nos interlocuteurs d’aller chercher plus loin ensuite, et d’ouvrir tout grand ces portes pour aller regarder de l’autre côté du mur.
Il s’agirait en quelque sorte de poser une graine en terre en espérant que le terrain soit fertile et que la nature humaine fasse le reste, mais surtout, en acceptant aussi par avance que rien ne puisse se passer.
Plus les opinions s’ouvriront, plus l’information sera transmise, plus les comportements changeront et plus le rayonnement de tout cela portera sur le reste de la population.
Cependant le fait de rayonner, informer et transmettre n’a qu’un effet catalyseur et n’épargne en aucun cas le travail à faire par chaque individu, il ne peut que l’accélérer, le faciliter, pas l’éviter.
D'autre part, comme je l'ai déjà cité, il se pourrait que, même sans chercher à communiquer, nous puissions rayonner nos nouvelles attitudes via l'existence des champs morphiques (voir l'article).
Il est bien évident que se tenir les coudes pour arriver à atteindre ces objectifs, chacun à sa manière, ne peut qu’aider à rendre le processus plus facile, plus rapide et permettre qu’il aille le plus loin possible.
C’est à ce stade que des associations peuvent être les intervenants tout désignés pour permettre de travailler ensemble, mais aussi de communiquer, de se soutenir, s’entraider, et mettre en réseaux les gens qui cheminent individuellement.
Le travail en réseau des associations devient également important. Il n’est dès lors plus question de chercher chacun à défendre sa chapelle mais de tous contribuer à des objectifs communs ou orientés dans la même direction.
Croire au bien fondé de la démarche est lié à la compréhension de ses objectifs, à la manière de les mettre en oeuvre, à la confiance en soi, en la nature humaine. Plus on avancera dans le processus de changements, plus sa crédibilité augmentera à nos yeux.
Croire en ce que l'on fait nous rendra aussi plus efficace. Et choisir d'y croire augmentera également notre motivation.
Il ne s’agit donc plus de s'opposer, ou de vouloir éliminer le système capitaliste. Il s’agit bien plus de créer des alternatives et développer celles déjà existantes, qui pourraient engendrer un bouleversement de situation de l’intérieur, en prenant le problème par l’autre bout en quelque sorte.
Si nous ne prenons pas les choses en mains le plus rapidement possible, nous y serons forcés tôt ou tard mais dans de bien moins bonnes conditions, suite à des catastrophes, des pénuries, des guerres et toutes les conséquences majeures et destructrices des dérives déjà existantes à l’heure actuelle, mais qui ne pourront que se cumuler et s’aggraver dans le temps avec effet boule de neige si nous ne réagissons pas tout de suite.
Ce texte s’il devait rester lettre morte, n’empêchera pas les changements de se faire, car des idées similaires existent ailleurs, mais il vaut mieux accélérer les choses, et de ce fait cela pourrait épargner des vies, des injustices, des horreurs en tous genres, même si cela ne sera pas dans l’immédiat.
Claire De Brabander
version du 28/09/2008
SE CHANGER SOI
POUR CHANGER LE MONDE
1/ Se distancer des mass-médias et de la culture de masse
2/ S’informer plus objectivement
3/ Se situer comme individu dans le système
4/ Agir quotidiennement et à tous les niveaux de notre vie
a) la consommation
b) retrouver la cohérence - se changer soi
1. retrouvons le temps de penser
2. du contre au pour
3. .la solution se trouve hors du problème
4. soi à l'image du monde, le monde à l'image de soi
5. communiquer
6. la pensée non-violente
7. rayonner
c) entraide et solidarité
d) y croire
SE CHANGER SOI
POUR CHANGER LE MONDE