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h- Rayonner

“Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l’appelle un papillon.” Richard Bach

Pour que les changements ne soient pas vécus par seulement quelques oiseaux rares complètement convaincus du bienfait de leur démarche, mais complètement isolés du monde, il paraît utile, pour ceux qui sont dans un processus de changement, de parvenir à faire “tache d’huile” autour d'eux et le plus loin possible.
Cela passe entre autres par l'apprentissage de rayonner, de positiver, et d’entretenir des relations saines avec tout le monde et d'influencer ceux qui sont prêts à participer aux changements.

Tous, autant que nous sommes, rayonnons par l'exemple, même minime, sur notre entourage, et même sur les gens que nous côtoyons dans la rue, le métro, les magasins ou ailleurs. Certains parfois peuvent s’identifier à nous ou finir par imiter quelques-uns de nos comportements.

D'autre part, nos conversations peuvent donner à réfléchir et entraîner un changement chez d’autres.
Affirmer nos convictions peut donc s'avérer utile, bien qu’il soit préférable d’éviter d’afficher un radicalisme qui irritera ou engendrera l’incompréhension (si nous nous montrons trop péremptoire ou exprimons nos idées de façon trop ostentatoire).
Pour faire évoluer les opinions et les consciences citoyennes il ne suffit pas d’avoir de bons arguments, de la cohérence et de la logique. Il faut aussi pouvoir témoigner avec beaucoup de conviction, montrer notre motivation, notre enthousiasme face à ce que l’on dit, ce que l’on vit, et cela dans l’authenticité. Feindre ne convainc jamais, pas plus que donner des arguments sur un mode défensif, ce qui induit forcément le contre-argument. L’assurance réelle et la motivation dans le discours seront plus porteurs. Il n'est pas tant question de chercher à convaincre que de témoigner d'une expérience heureuse. Ce qui se vit avec le coeur, se transmet le mieux.
Car il ne s’agit pas de tenter de manipuler autrui, de faire pression , de provoquer, ou de culpabiliser. Mais plutôt d’une démarche honnête, consciente et cohérente. Et c’est un point important, car il est facile de retomber dans nos vieux registres de comportement. Surtout quand nous sommes mis en situation de “défendre” nos opinions. En effet, si nous sommes tous manipulables, nous sommes aussi tous capables de manipuler. Et une des remises en question éternelle à faire, c’est celle d’une certaine intégrité et d'honnêteté. Nos intentions doivent nous permettre de communiquer sans forcer, sans mentir, sans exagérer, sans tronquer, sans séduire, sans culpabiliser, sans faire pression, sans agresser, etc.
Et la frontière entre communication pure et manipulation n’est jamais très bien définie surtout lorsqu’on s’approche de l’argumentation.

Quand quelqu’un me dit que ce que je dis l’interpelle, je me sens déjà un peu rassurée : quelqu’un d’interpellé n’est pas convaincu. Juste, ça lui pose question. Libre à lui de tenter d’y répondre.
Et cela reste un apprentissage, de quitter les schémas de comportements qui utilisent la manipulation pour être dans une communication plus saine.
Ce qui aide le plus, encore une fois, pour le choix de nos attitudes, c'est de se laisser guider par le coeur.

Tout changement dans la réflexion individuelle et surtout dans les comportements, a un impact, non seulement via l’effet concret qu’il produit dans l’immédiat, mais également, chaque personne qui en est porteur, fait d’office tache d’huile autour d’elle. Cependant, la plupart des changements que nous pourrons observer sur nous et autour de nous, auront été provoqués des semaines, des mois, parfois des années, avant leur apparition.
Et l’effet est également réflexif. Plus nous nous engageons dans cette voie, plus le besoin se fait sentir de poursuivre, d’aller plus loin dans la démarche.
Je n’exclus pas les ratés ou les influences négatives de la publicité, des mass-médias, d’un entourage non encore acquis à ces idées, qui peuvent faire reculer. D’où la nécessité d’éviter tout ce qui peut nous influencer négativement, et de marquer clairement nos positions par rapport à notre entourage.

Les changements d’opinions sont souvent le fruit de plusieurs facteurs cumulés. Et nous pouvons représenter, à l’échelle individuelle, l’un de ces facteurs.

Plus on cherche à exercer une influence consciente importante sur notre entourage, en choisissant un certain type de discours, un certain type de comportements, moins on risque de convaincre, excepté les gens déjà convaincus.

Rayonner, influencer, ne consiste donc pas à dicter une opinion, à faire de la contre-propagande missionnaire, mais à donner de nouvelles clés à l’autre pour qu’il fasse des prises de conscience par lui-même et se forge ses propres opinions en fonction de cela.
Par notre discours et nos comportements, nous pouvons créer un doute, entrouvrir des portes, créer une brèche dans les systèmes de croyances d’autrui. Libre à nos interlocuteurs d’aller chercher plus loin ensuite, et d’ouvrir tout grand ces portes pour aller regarder de l’autre côté du mur.
Il s’agirait en quelque sorte de poser une graine en terre, en espérant que le terrain soit fertile et que la nature humaine fasse le reste. Et surtout, en acceptant aussi, par avance, que rien ne puisse se passer. Mais ce genre d'influence ne peut se faire qu'au compte-goutte. Rien ne sert de se répéter, de revenir taper sur le clou. Nous pouvons laisser la responsabilité aux autres d'évoluer par eux-mêmes et nous occuper de notre propre évolution.

Il est certains types de prises de conscience qui nécessitent un cheminement intérieur long avant d’être volontairement adoptés.

Le bon sens ne convainc pas toujours d’emblée, mais en général il fait mouche.

Et puis enfin, nous sommes tous un peu hermétiques aux changements. Les nouveaux modes de pensée, les alternatives, les changements d’habitudes, provoquent chez tout le monde, dans un premier temps, de la résistance. Il vaut probablement mieux faire face à de la résistance, même farouche, qu’à de l’indifférence, ou à une adhésion aveugle, qui s'apparente plus à une soumission qu'autre chose.
Selon les circonstances, la souplesse d’esprit, l’âge, les motivations ; la durée du changement, c’est-à-dire de l’intégration d’idées nouvelles, peut mettre de quelques secondes à quelques années, et pour certains une vie ne suffit pas.

Toutefois, nous ne serons capables d’influencer autrui, sans le manipuler ni le forcer, que si, premièrement, nous avons une connaissance du sujet que nous défendons, basée sur le vécu ; deuxièmement, nous sommes intimement convaincus de la pertinence de ce que nous lui proposons, troisièmement, nous le respectons foncièrement, en ne lui imposant jamais ce qu'il n'a pas envie d'entendre ou de voir, et enfin, que nous nous exprimions avec le coeur.

Une grosse erreur, courante, lorsque l'on entame un processus de changement, est d’envisager de commencer par rayonner sur l’extérieur. Il est indispensable d’avoir intégré les premiers changements avant de pouvoir les colporter. On ne peut aider son voisin à allumer un feu si on n’a pas encore réussi à produire mieux que quelques étincelles dans notre propre foyer. Tant que le feu n’aura pas “pris”, on ne pourra que partager de la fumée.

Mais il se pourrait bien que le rayonnement ne se limite pas à l'exemple ou à l'influence du discours, qui ne seraient en fait qu'une partie très limitée de ce que nous pourrions transmettre autour de nous. Selon la théorie développée par Rupert Sheldrake, il semblerait en effet, que le simple fait de se changer soi, soit déjà suffisant pour que ce changement porte autour de nous, via les champs morphogénétiques. Voir à ce sujet l'article « Du centième singe aux champs morphiques – de la légende à l'hypothèse scientifique ».

Le processus de changement ne se fera pas en un jour, et plus nous nous donnerons les moyens pour y arriver individuellement, plus ce processus de changement aura de chance d’aboutir, rapidement et efficacement autour de nous.

 

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