g- La pensée non-violente (voir aussi l'article « De l'opposition à la non-violence)
“On ne peut maintenir la paix par la force. Seule la compréhension mutuelle peut permettre d’y arriver.” Albert Einstein
“La vengeance ne soustrait aucun chiffre à l’équation du meurtre ; elle ne fait qu’en ajouter.” Barbara Kingsolver
“Il est manifeste qu’un seul homme en apparence désarmé mais qui ose crier tout haut une parole véridique, qui soutient cette parole de toute sa personne et de toute sa vie, et qui est prêt à le payer très cher, détient, aussi étonnant que cela puisse paraître et bien qu’il soit formellement sans droits, un plus grand pouvoir que celui dont disposent dans d’autres conditions des milliers d’électeurs anonymes.” Vaclav Havel
"Aider les autres à avoir ce que vous voudriez avoir pour vous-mêmes. Si vous vous sentez seul(e), soyez accueillant(e). Si vous avez l'impression de n'être pas vu(e), voyez les autres, et dites-leur comment vous les voyez. Si vous voulez l'amour, soyez aimant(e). Si vous voulez la reconnaissance, reconnaissez les autres. Si vous voulez l'approbation, honorez les autres et parlez d'eux avec sincérité. Si vous voulez être vu(e), apprenez d'abord à voir l'autre. C'est aussi simple que cela." Richard Moss
Le changement, s’il naît d’un désaccord avec le système, ne doit pas être poursuivi dans un esprit de rébellion. S’il peut être à la source d’une révolution, ce peut être une révolution intérieure. Car la rébellion est un moteur qui désigne le problème à l’extérieur de soi uniquement. Elle peut mener à changer le pouvoir de mains, mais ne peut amener de changement dans le système. Car ceux qui auront évacué l’ancien pouvoir n’auront pas pour autant éliminé en eux les ferments de ce système.
Choisir le changement pour une société alternative ne consiste pas à quitter un modèle qui nous a été inculqué et auquel nous voulons refuser de coopérer pour rentrer dans un nouveau moule qui nous est proposé. Il s’agit bien plus de retourner à notre réelle authenticité, à tirer les leçons de nos expériences, à réapprendre à se faire confiance, à être à l’écoute de nos intuitions, à retrouver notre esprit critique, en d’autres termes, à arrêter de subir une vie que nous n’avons pas réellement choisi de mener.
Le principe de non-violence prend, dans cette démarche, une importance fondamentale. Il consiste à se positionner dans une démarche qui refuse de coopérer avec les auteurs d’injustices. Cela implique de refuser d’agresser mais aussi d’accepter, dans les situations plus aiguës, d’être agressé par ceux qui détiennent le pouvoir et ne comprennent pas la démarche. L'attitude non-violente a pour objectif de donner l'occasion à l'auteur de l'injustice de prendre pleinement conscience de la responsabilité de son acte injuste. Cela peut dès lors l'amener à ne pas le commettre ou à ne plus le perpétuer et à rétablir la justice. La non-violence, tout en refusant de coopérer à l’injustice tente de maintenir le dialogue. Elle exige une cohérence énorme et une intégrité sans faille.
La violence est quelque chose que, intrinsèquement, nous portons
en nous. Face à une injustice la réaction presque réflexe
ou instinctive, est de répondre par la voie de la violence :
il s’agit de se “défendre”. La non-violence est
par contre un choix, le choix qui consiste à ne pas utiliser la
violence.
Lorsque nous subissons la violence, lorsque nous avons coutume d’utiliser
la violence, nous pouvons apprendre à considérer le choix
de rester dans ce registre ou de le quitter. Et le chemin pour faire le
second choix n’est pas direct. Tant que nous ne serons pas capables
de choisir et vivre selon les principes de la non-violence, mieux vaut
encore accepter d’utiliser la violence que de ne rien faire, de
rester passif ou lâche, face à une violence perpétrée
sous nos yeux.
La non-violence stoppe le cycle des vengeances. “On ne lave pas le sang avec le sang” exprime assez bien cette notion. Si nous adoptons la mentalité et la logique de nos adversaires, nous ne faisons que prendre leur place et ne faisons pas avancer la cause défendue.
L’attitude non-violente suppose la recherche de communication,
et d’empathie.
Si elle marque l’opposition elle n’impose pas.
Et l’absence d’agressivité n’est pas pour autant une attitude passive ou de fuite. L’intention derrière l’attitude non-violente ne comporte ni haine, ni mépris des auteurs d’injustice. A contrario, un acte d’essence violente fait souvent office d’exutoire, de défoulement pour celui qui le pose, bien plus qu’il ne cherche à faire passer un message à l’auteur de l’injustice.
Avant tout l’acte non-violent n’a pas pour but de détruire ce qui crée l’injustice, mais bien plus de trouver des solutions pour retrouver la justice. La démarche psychologique de base dans ces démarches est totalement inversée.
Car dans l’action menée de manière non-violente, on s’investit pour des idées, pour résoudre un problème, pour améliorer une situation. L’action n’est pas dirigée “contre” une personne ou “contre” une communauté, mais bien contre une injustice, et bien plus encore “pour” le rétablissement de la justice.
Or bien souvent c’est la pression du rapport de force qui est utilisée dans le message militant. Et entre l’acceptation ou le refus de la revendication, il n’y a plus beaucoup de place pour la négociation, et pour des solutions alternatives et créatives.
En somme, l’attitude non-violente réside dans l’état
d’esprit dans lequel on agit :
- se positionner pour quelque chose, et non contre quelque chose ;
- ne pas mépriser les auteurs d’injustices ;
- utiliser un maximum de créativité ;
- agir en fonction de l’objectif que l’on cherche à
atteindre et non du problème qu’on essaye de balayer ;
- être prêt à défendre ses convictions de façon
acharnée sans jamais chercher à imposer ou à nuire.
Et finalement la non-violence d’un acte est contenue, non seulement dans la nature même de l’acte ainsi que dans la disposition psychologique de celui qui le pose, mais elle est également inscrite dans l’intention et dans le type d’objectif poursuivis. Et cette attitude a le pouvoir de contaminer ceux face auxquels elle s’exerce, elle n’amène pas de perdant. Tout le monde est gagnant. Dans notre vie au quotidien, il est possible de fonctionner sur le même principe.
Cela consiste surtout à descendre du cérébral dans
le coeur. Cultiver l’honnêteté, l’intégrité,
la cohérence, les actes justes.
S’il est possible de soigner une blessure avec un pansement, une
jambe cassée avec un plâtre, une hémorragie avec un
garrot ; il n’existe pas d’instrument matériel
pour une hémorragie de larmes. On peut prendre dans ses bras, on
peut écouter, on peut être là, on peut aimer. Et ces
comportements-là ne sont plus de l’ordre du cartésien,
du purement rationnel, du scientifique, ou de l’économique.
Et ce sont pourtant ces types de comportements dont la planète
a besoin. Et c’est à chacun, à titre individuel de
cultiver ces facultés.
La paix, la réelle paix, celle qui ne consiste pas au silence
des canons, mais celle qui rétablit l’entente, la paix dans
les coeurs ; cette paix-là, se construit avec de l’écoute,
de l’empathie, de la compassion, de la générosité,
du pardon. Et ces qualités-là ne s'achètent pas,
ne se développent pas à coup de logique cartésienne,
d’arguments rationnels, de statistiques.
Une compréhension intellectuelle de ces concepts ne suffit donc
pas. Pour parvenir à transposer en actes nos pensées, il
faut également les comprendre avec le coeur.
Si nous voulons quitter l’enfer, arrêtons de nous nourrir
du feu de nos souffrances et de celles des autres.
Si les alternatives non-violentes parviennent à prendre de l’importance dans la société actuelle, en créant du parallèle et en lui donnant de la force, c’est le système actuel qui perdra de son ampleur sans pour autant être "détruit". L'éveil de la responsabilité citoyenne, la simplicité volontaire, la décroissance, le choix du commerce local et à petite échelle, le refus des mass médias, sont quelques exemples de solutions alternatives ne détruisant pas le système mais qui, si elles sont appliquées en masse, lui font perdre sa force. Elles exigent patience, opiniâtreté, sérénité, gestion de nos pulsions immédiates. Et plus les individus auront développé leurs qualités humaines, plus les solutions qu’ils proposeront auront un effet large, positif et durable. Plus les rapports humains seront basés sur les valeurs sociales et non sur les intérêts matériels et individuels, plus vite la violence et les injustices diminueront, disparaîtront. Et c’est chacun de nous qui pouvons être porteurs de ces valeurs en les développant, et en les transmettant autour de nous.
Pour aller plus loin, voir l'article : « De l'opposition à la non-violence décrivant le changement de l'attitude du rapport de force vers l'attitude bienveillante dans l'intention et dans l'action.
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- Préface
1) Le monde ne tourne plus rond
2) La citoyenneté et la militance :
DEUXIEME PARTIE : PRENDRE LA DIRECTION DU CHANGEMENT
1) Notre consommation, notre responsabilité, notre conscience, notre pouvoir
2) De l'influence des mass-medias vers une information alternative
3) Retrouver la cohérence - se changer soi
4) Alterconsommation et autres alternatives
5) Solidarité
6) Y croire
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