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c- Du contre au pour (voir également l'article "de l'opposition à la non-violence")

“Lorsque nous nous nourrissons de l’énergie portée par tout ce qui va bien, nous trouvons la force d’affronter tout ce qui va mal. C’est un principe d’écologie intérieure : si toute notre énergie est “bouffée” par l’énervement que nous éprouvons quand le train arrive en retard, et que nous en oublions tous les trains qui arrivent à l’heure, nous sommes en danger d’enfermement dans l’étroitesse de vue et, tôt ou tard, en danger d’asphyxie.” Thomas d’Ansembourg

“Le jugement n'est rien d'autre que la projection personnelle de notre ignorance.”

Il est très peu probable qu’en faisant la guerre à la guerre on obtienne une paix durable. Si ce n’est pas en construisant des canons qu’on prépare la paix, ce n’est pas non plus en s’opposant aux faiseurs de guerre qu’on y arrivera. Car la paix n’est pas l’éradication de la guerre, c’est la présence de tout ce que nous avons encore à créer, c’est-à-dire les alternatives à la guerre, aux injustices, etc.
Le bellicisme, l’opposition, la révolte, le combat, sont tous des moyens guerriers. Aller “contre” ne donnera pas la solution aux conflits. Atteindre un but ou un pouvoir par la violence et l’opposition exige le maintien d’un pouvoir une fois le but atteint. Il rend dès lors la solution provisoire, et toujours menacée par les détenteurs de l’opinion opposée. La non-violence, bien qu’elle n’ait pas encore autant eu l’occasion de faire ses preuves (que la violence) est un mode de pensée et de fonctionnement qui est potentiellement un vecteur de bien plus d’évolution et d’amélioration des conditions de vie de l'être humain.

Un danger de l’activisme est de militer et d'agir dans l’unique but de faire plier les décisions de nos dirigeants, en considérant que notre seul pouvoir est de nous opposer à eux, de lutter contre eux et, la plupart du temps, quand on n’a pas obtenu gain de cause, de râler contre nos gouvernements, contre les multinationales, contre les armées, contre la publicité, contre les médias de masse.
Pourtant le choix et l’utilité des actions pourrait être la source de bien plus, si nos regards étaient capables de ne plus se tourner vers les “contre”, mais vers les “pour”.

Il ne s’agit pas uniquement de langage, il s’agit avant tout d’attitude face à l’adversité. Ce n’est pas en s’opposant aux problèmes qu’on les résout, tout au plus parvient-on à les faire disparaître en leur substituant de nouveaux problèmes.
Ce n’est pas en détruisant que l’on construit. Nos opinions sont le reflet de notre mode de pensée.
Or, vouloir changer le système par le biais de l’opposition n’est pas de l’ordre de la construction. S’opposer aux représentants d’un système c’est, d’une façon ou d’une autre, tenter de prendre leur place sans avoir changé le système pour autant.
Ce n’est pas d’opposition dont le monde a besoin, c’est de créativité. Et cette créativité ne pourra s’épanouir, permettre un changement en profondeur, que lorsque chaque citoyen sera devenu conscient de ce pouvoir qu’il porte en lui et du lien entre ses démarches personnelles et l’état du monde.
En affirmant nos opinions, nos idées avec conviction, bienveillance et souplesse; nous marquons bien plus les esprits qu’en nous positionnant contre les opinions des autres. Car tant que notre discours consiste à nous défendre de raisonnements auxquels nous n’adhérons pas, c’est que nous continuons à nous identifier à ces raisonnements, sans suivre les nôtres propres.

d- La solution se trouve hors du problème

“Tout démontre qu'apporter une réponse inadaptée à un problème l'aggrave.” Casseurs de pub

"La manière de penser qui a généré un problème ne pourra jamais le résoudre" Albert Einstein

“La différence qu’il y a entre réforme et transformation c’est que la réforme consiste à essayer d’attacher des ailes à une chenille.” Marylin Ferguson

Un autre pilier important dans notre démarche de changement est le type de regard que nous portons sur nos vies et sur le monde.
Il est possible de focaliser notre attention en continu sur ce qui ne va pas dans le but de changer les choses. Mais ce type de regard consiste à nourrir notre mécontentement, à connaître les problèmes sur le bout des doigts. Cela rend aveugle à la découverte de solutions et ce n’est pas porteur d’alternative. Se limiter à dénoncer un problème, c’est participer à l’existence de ce problème et c’est freiner la recherche et la mise en place de solutions. La dénonciation d’un problème n’a de sens que si c’est une étape qui mène à autre chose. Rester à ce stade c’est pareil que de constater que le poste de télévision est en panne, et de réagir en s’asseyant devant, et répéter inlassablement, soirée après soirée : “la télévision est en panne”, “il n’y a plus de télévision”, “la télé ne fonctionne pas”, “cela fait quinze jours que la télé ne fonctionne pas et rien n’y fait”…

L’information de qualité doit donc nous aider à mieux définir nos objectifs, en connaissant bien la cause des problèmes, mais pas en restant axés sur ceux-ci.

Le fait de garder l’objectif à l’oeil, sans se focaliser sur les obstacles, permet de donner plus de chances au projet. “Regarder l’obstacle c’est le meilleur moyen de foncer dessus” enseigne-t-on aux apprentis conducteurs. Mais cela vaut pour pratiquement tous les types d’obstacles.
De plus, continuer à assimiler l’information des médias de masse est le meilleur moyen de remettre constamment en doute le parcours différent que l’on tente de mener face à la machine infernale du capitalisme.
Rien ne sert de se déclarer victime en permanence (victime d’un système, victime du pouvoir, victimes des autres) sinon à rester victime. Il est un moment où il faut prendre les décisions nécessaires pour sortir du statut de victime. Et cela exige d’autres objectifs que dénoncer les problèmes ou dénoncer les responsables des problèmes.
Quitter le rapport de force c’est reprendre notre propre pouvoir en main. Pour cela, il faut devenir conscient que nous avons du pouvoir. Et notre pouvoir ne consiste pas tellement en un “contre-pouvoir” mais en notre potentiel créatif, intellectuel, relationnel, et un pouvoir très concret dans notre propre vie.

De la même manière, ce n’est pas en apprenant à contre-manipuler qu’on se prémunit d’être manipulé. C’est en sachant mieux qui nous sommes, en connaissant mieux nos limites, et de ce fait, en apprenant à les respecter et à les faire respecter. C’est aussi et surtout en apprenant à communiquer sainement que non seulement nous ne nous offrirons plus à la manipulation, mais que nous évacuerons tout simplement le mode de fonctionnement “manipulation” des relations que nous menons avec les autres. Ce pouvoir ne s’appuie pas sur la force de ce que nous cherchons à quitter, mais sur la force de notre motivation à réaliser nos projets.

Le meilleur moyen de découvrir des solutions, c’est de s’imaginer en train de les découvrir, en train de les appliquer. Cela projette mentalement le regard, non plus sur des faits passés ou actuels, mais sur l’avenir. Et à force de faire travailler l’esprit sur des événements potentiels, celui-ci se met à travailler de façon créative et nous amène à poser des actes qui, petit à petit, rendent possible le projet que l’on avait désiré.
Imaginer, fantasmer, projeter, rêver, nourrir nos désirs d’un monde meilleur, c’est déjà créer en soi le potentiel de changement nécessaire à aboutir à cet objectif. C’est focaliser nos énergies, nos pensées, notre regard vers tout ce qui pourra contribuer à la mise en place de ce changement, et cela change aussi notre regard sur le présent.
Je pense que la fin ne justifie pas les moyens, mais rêver du but, c’est se donner les moyens de l’atteindre. Et le but est déjà en grande partie dans les moyens. Voir à ce sujet, l'article "le boomerang des pensées, nos pensées créent notre réalité".

 

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