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3. RETROUVER LA COHERENCE - SE CHANGER SOI

 

“Si tu possèdes une deuxième paire de chaussures et qu’un pauvre va nu-pieds, tu n’as pas à la lui donner, mais à la lui rendre.” Grégoire le Grand

Plutôt qu'avoir avant tout un regard critique sur le monde, nous pouvons apprendre à nous connaître mieux nous-mêmes. Si nous tentons d’évoluer, nous pouvons le faire dans un contexte plus large que celui de notre vie. Nous pouvons créer la cohérence entre notre discours et nos actes, entre nos pensées et la réalité. Cela implique l’intégrité entre notre vie publique et notre vie privée.
Les changements auront lieu dans les gestes de la vie de tous les jours.
Les grandes idées ne peuvent changer le monde. Seule leur application pratique au quotidien via une multitude de petits actes, de paroles, de gestes, peut faire sens et mener à des changements.
Tant que nos opinions ne sont pas liées à notre expérience, à notre réflexion propre, mais sont calquées sur des opinions extérieures à nous, que nous avons adoptées ; notre discours ne portera pas, notre attitude n’influencera pas. Nous serons incapables d’évoluer, de témoigner, d’avoir un impact réel et durable sur le monde qui nous entoure.
Devenons consom’acteurs, citoyens responsables et investissons-nous dans des relations saines et libérons-nous des croyances et conditionnements qui nous emprisonnent.

Et lentement les changements concrets influenceront nos pensées, nos opinions, nos sentiments. Et cette interaction dans les deux sens, entre les actes et la conscience, créera un cercle vertueux d'évolution qui, d'une certaine manière, se nourrira lui-même.

a- Ouvrir les yeux - se poser des questions

"La fièvre de la consommation est une fièvre d'obéissance à un ordre non énoncé." Pier Paolo Pasolini

"Au sein des classes moyennes on partage avec le reste de la planète les mêmes objets de consommation courante, ou du moins le même désir de posséder ces objets, la même envie d'acheter, de changer, de diversifier ses livres, ses disques ou ses cassettes, sa moto ou sa voiture, sa chaîne ou sa télé. La liberté de choisir parmi de tels objets se révèle partout un substitut de la liberté de choisir sa propre vie". Mahmoud Hussein

“Dans mon expérience, les gens ne changent pas parce qu’on leur donne des réponses, mais en se posant à eux-mêmes des questions pertinentes.” Starhawk

Outre la prise de distance face à la désinformation, outre la connaissance acquise par des moyens alternatifs, à un niveau très concret de notre vie individuelle, des remises en question peuvent surgir. Elles concernent notre consommation, nos relations, nos comportements à un niveau individuel. Et elles soulèvent avant tout la question de la cohérence entre ce que nous pensons, ce que nous savons, ce que nous voulons et les actes courants que nous posons dans notre vie au quotidien. On peut le formuler autrement en se demandant pourquoi nous nous acharnons à pointer du doigt les problèmes hors de nous-mêmes, alors que nous ne cessons nous-mêmes de les perpétuer au travers de ce que nous faisons, disons ou pensons. Mais que nous refusons de regarder cela en face en faisant fi de notre responsabilité propre. Le but n'est pas de se juger négativement, le but est de comprendre mieux ce que l'on fait pour le faire mieux.

Il ne s’agit pas de chercher à juger ou accuser qui que ce soit. Pour la plupart nous sommes tous volontaires pour tenter d’améliorer les conditions de vie autour de nous, que ce soit avec l’entourage direct ou nettement plus lointain. Mais il existe une grande incohérence que nous perpétuons tous ou presque. Celle-ci est la plupart du temps inconsciente, et conditionnée par la propagande, la publicité, voire notre éducation, et notre culture (occidentale), et souvent aussi notre entourage, soumis lui-même aux mêmes pressions.
Nous avons tous intérêt à être de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux, à prendre la mesure du sens et des conséquences de chacun de nos actes dans ce grand système qui nous veut docile pour mieux se perpétuer, et faire profiter certains.
Leur jeter la pierre n’est pas la solution. Faire chaque jour de nouvelles prises de conscience permet de nous rendre des choix possibles, permet de ne plus obéir aveuglément à tout ce que le monde marchand nous impose. Et les choix qui redeviennent possibles concernent tant notre futur personnel que celui de nos communautés. Prendre la mesure de notre pouvoir, s’informer pour savoir comment l'exercer, et poser directement les actes en conséquence, voilà qui est à la portée de tous. En tout cas, de ceux qui font partie de cette majorité de consommateurs moyens dans les pays occidentaux.
Et quand je parle d’actes, je vise du concret, de l’efficace et du cohérent, mais j’y reviendrai plus tard.
Pour rendre l’altermondialisation possible, il faudra que les populations non défavorisées deviennent conscientes du rôle qu’elles jouent par leur participation tacite (individuellement et au quotidien) au système qui génère guerres, injustices, catastrophes écologiques, etc.

Une fois la remise en question commencée, il n’est plus possible de faire marche arrière. Chaque étape permet de prendre un peu plus la distance par rapport au système. Cela entraîne forcément certains changements d’habitudes et de comportements, car si l’on veut rester cohérent, la remise en question finit par exiger une mise en pratique. Mais cela se fait naturellement, sans se forcer, car si la prise de conscience est réelle, c'est l'ancienne habitude qui finit par nous déranger. Plus on fait du chemin dans ce sens, plus on se sent décalé par rapport au monde qui nous entoure. Mieux vaut pour cela être en mesure de rencontrer des gens qui effectuent un cheminement parallèle.

 

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SE CHANGER SOI

POUR CHANGER LE MONDE

traduction partielle du site en anglais et en espagnol