b- S’informer plus objectivement
“Si tu ne peux avoir et la raison et la force, choisis toujours la raison et abandonne la force à ton ennemi, car il ne pourra jamais tirer de la raison de sa force, tandis que tu pourras toujours tirer force de ta raison.”
La fréquence des démentis ou la contradiction entre informations
présumées fiables peuvent déjà nous amener
à chercher une autre information. Encore faut-il savoir où
la trouver. Rien de tel bien sûr que de s’informer en côtoyant
des témoins directs (qu’ils soient réfugiés,
acteurs sociaux, journalistes alternatifs ou autres). Mais pour une information
mondialisée il existe très peu de situations offrant cette
possibilité à “monsieur et madame tout le monde”.
Internet est selon moi le meilleur accès à l'information
alternative, via certains sites, les forums, les mailings listes etc.
Pour les informations “au jour le jour”, le plus simple est
de pouvoir lire les titres des dépêches du jour, de manière
à pouvoir, le cas échéant, rechercher des informations
plus précises sur un sujet important, ou qui nous concerne directement,
sans qu’il soit nécessaire de prendre connaissance, en détail,
de la totalité de l’information du jour. Cela prend deux
minutes.
Faute de dépêches via Internet, rallumer la radio pour un
flash info de deux minutes reste encore le plus facile. Cela permet d’être
au courant, ne fut-ce que d’une grève surprise des transports
en commun, d’une tempête importante annoncée, ou du
changement à l’heure d’été.
L’information de fond, quant à elle, foisonne également
sur les sites des associations alternatives. De
plus, de nombreuses associations, y proposent des alternatives pour notre
style de vie. Qu’elles soient pacifistes, écologistes, libertaires,
humanitaires, politiques ou autres, qu’elles défendent le
consommateur, dénoncent la publicité, proposent de l’éducation
citoyenne, de l’information alternative, … elles sont légions.
Hors internet, il existe d’autres moyens efficaces et honnêtes
de s’informer :
- via les associations qui sont nombreuses à publier un bulletin
d’information qui leur est propre et donne de l’information
de terrain ou des analyses assez pertinentes ;
- via certains événements culturels et politiques (conférences,
forum, débats), qui permettent de rester critique en favorisant
la discussion autour de l’information, etc. ;
- via les livres qui permettent une connaissance plus en profondeur d’un
sujet plus spécialisé. On peut remarquer en librairies que
les livres à orientation altermondialiste prennent de plus en plus
d’espace dans les rayons.
Personne ne peut prétendre que les informations alternatives soient
toutes dignes de foi, loin de là. Toutefois, ceux qui nous informent
dans ce cadre, ne le font pas dans un but commercial, d’audimat,
mais dans le but de faire savoir.
Le tout consiste à diversifier les sources d’informations,
rester critique et faire tout de même des choix cohérents,
en gardant à l’esprit qu’il n’est pas utile de
passer trop de temps à s’informer.
Une parenthèse
pour Internet.
Il est clair que l’ordinateur et internet peuvent aussi rendre dépendants
ou esclaves. Cependant, par rapport à la télévision,
internet ne rend pas si passif. On choisit les sites, les forums, le carnet
d’adresses mail. On a souvent l’occasion de participer. De
plus, internet n’exige pas de respecter des horaires : on ne
devient pas esclave à ce niveau-là.
Internet est aussi un instrument formidable pour la mise en réseau
de tous les mouvements alternatifs, et ce à des niveaux locaux,
comme internationaux.
En arrêtant les mass-médias on ne pourra pour autant prétendre
être purgé de toute propagande. Tout d’abord car de
nombreux médias alternatifs persistent à conserver les mass-médias
comme leur source principale d’information. En effet, une analyse,
une comparaison entre mass-médias n’assure en aucun cas le
nettoyage de la manipulation.
D’autre part, toute information quelle qu’elle soit aura toujours
la teinte que lui aura conféré le journaliste, la personne
qui l’a transmise.
La volonté, le désir d’informer correctement n’assure
pas pour autant la qualité et l’objectivité du contenu.
Mais je reste persuadée que l’information qui est transmise
dans un but commercial sera presque d’office moins objective que
tout autre type d’information, même si ce n’est pas
systématique.
J'attache toutefois de l'importance à garder à l’esprit que quelle que soit l’information que nous enregistrons, nous l’intégrons en fonction des lunettes qui nous sont propres. En effet, notre interprétation des événements de l’actualité sera fonction de nos conditionnements et de nos croyances. De plus, nous aurons chacun toujours tendance à chercher l’information qui nous correspond, celle que nous avons envie de lire, celle qui va nous conforter dans nos opinions.
Ayons la modestie et la conscience nécessaire de savoir que nos connaissances et nos opinions ne représentent qu’une facette de la réalité, et gardons la conviction que c’est via ce type de regard que nous trouverons les meilleures solutions.
Cela permet la tolérance pour les gens qui ont des opinions opposées aux nôtres, et de ce fait rendra possible parfois d’agir avec eux pour un but commun.
c- Arrêter de se nourrir de l’information
“Ne vous demandez pas ce que le monde fait pour vous, mais plutôt ce que vous faites pour le monde.”
Quel que soit notre niveau d’information, nous n’aurons jamais qu’un regard tronqué sur la réalité. Il me paraît important de tenter d’approcher la vérité, pas de l’atteindre. Et je ne crois pas utile de connaître, ni tous les sujets d’actualité, ni tous les détails de ces sujets. Il est selon moi préférable d’avoir un aperçu réaliste d’une situation que d’en connaître seulement quelques aspects de façon approfondie. Il n’est pas indispensable de connaître les théories complexes sous-jacentes à chaque événement ni leurs interprétations. Il est surtout important de se faire une représentation du système dans lequel nous vivons, tout en cherchant à se forger une idée de plus en plus précise de ce qui peut être fait à titre individuel pour enrayer ces mécanismes et en enclencher de nouveaux nettement plus sains et constructifs.
Car je peux si je veux, chaque soir, me mettre devant la télé, et voir les catastrophes, guerres et injustices défiler sur l’écran. Je peux passer une partie de ma vie à acheter revues et journaux qui m’en donneront plus de détails, je peux assister à des conférences, des débats, lire des tonnes de livres qui m’expliqueront tous les détails des horreurs, tous les détails des mécanismes du système délétère, qui médiront à souhait. Je peux m'inscrire à des centaines de mailing lists d'information alternative et transmettre l'information à des centaines de gens, mais cela ne m’avancera pas tellement pour trouver à changer les choses. Le temps et l’énergie consacrés à ces activités, ainsi que l’énergie perdue à enregistrer tant d’injustices et de souffrances hypothèqueront ma disponibilité et ma motivation à agir.
Quand on a compris dans les grandes lignes que le système est caduque, il devient inutile de s’obstiner à continuer à vouloir en savoir plus, et de s’abreuver continuellement d’informations toujours plus négatives, en nourrissant nos sentiments de haine, notre déception, et aussi notre sentiment d’impuissance. Même l’information alternative devient nocive quand on en abuse.
Chaque année, environ 18 millions d’individus meurent de
faim et de malnutrition dans le monde. Dois-je lire pour chacun d’entre
eux, un article décrivant leur agonie, pour devenir consciente
que c’est injuste et effroyable? Je ne voudrais pas leur manquer
de respect en refusant d’être informée de leur tragédie.
Ce qui me paraît incohérent, c’est qu’en prenant
connaissance de ces faits, je n’aurai rien fait pour empêcher
que cela arrive.
Si je lis les descriptions détaillées des tueries dans un
pays en guerre ; si je prends connaissance de façon approfondie
de la manière dont sont exploités les femmes dans les zones
franches ; si je m’indigne, vitupère, conteste, mais
que par ailleurs, j’accepte que ma banque investisse dans la firme
qui fabrique les armes de ces tueries, et que je mange le fruit cueilli
par ces femmes exploitées, quelle sera ma part de responsabilité
dans ce que je dénonce?
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- Préface
1) Le monde ne tourne plus rond
2) La citoyenneté et la militance :
DEUXIEME PARTIE : PRENDRE LA DIRECTION DU CHANGEMENT
1) Notre consommation, notre responsabilité, notre conscience, notre pouvoir
2) De l'influence des mass-medias vers une information alternative
3) Retrouver la cohérence - se changer soi
4) Alterconsommation et autres alternatives
5) Solidarité
6) Y croire
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