Imaginons un instant le monde à taille humaine,
grand comme un salon, lumineux comme une serre. Le lieu foisonne de plantes,
d’arbres et d’arbustes de toutes sortes, fleuris, odorants,
et harmonieusement disposés : la vie sur terre.
Tout ce beau monde est resplendissant. Dehors, un soleil radieux brille
sur toute la région. Même l’hiver la lumière
peut envahir tout le lieu.
Toutefois, de lumière, il n’y en a point. Les fenêtres
sont opaques.
Pour pallier à cette nuit perpétuelle, on a songé
à allumer un feu, mais il faudra brûler une partie des plantations
pour le maintenir actif.
Il semble dès lors indispensable de redonner à nos fenêtres
leur transparence.
Or, si celles-ci ne transmettent aucune lumière, c’est que
le film qui les compose, n’est pas de verre, mais est formé
par une fine couche de sable, des milliards de grains de sable.
Et ce film opaque est à l’image de l’humanité,
de la conscience humaine. Chaque grain de sable représente un être
humain, son niveau de conscience. Nous empêchons la lumière
d’entrer dans le salon, nous empêchons la vie sur terre de
se perpétuer naturellement.
Toutes les plantes du salon, sont donc à terme, sans lumière,
condamnées à mourir. Déjà beaucoup de fleurs
se sont flétries. Mais c’est l’ensemble de la vie sur
terre qui est menacée. Et si nous voulons la sauver, y compris
celle de l’humanité, nous avons chacun la responsabilité
de nous transformer, nous transformer en verre.
Rien d’extérieur ne nous y amènera, c’est un
potentiel que nous avons en nous, un choix à effectuer.
Chaque être humain, chaque grain de sable a le pouvoir en lui de
produire suffisamment de chaleur pour se transformer lui-même en
verre et rayonner sa chaleur ou transmettre son pouvoir aux grains voisins.
Alors imaginons-nous être un de ces grains de sable et imaginons
que nous nous transformons en verre, et par contagion, allons rayonner
sur notre entourage et permettre à un minuscule rayon de soleil
d’atteindre les plantes.
Tentons de nous représenter que partout dans le monde, d’autres
gens, encore passablement isolés vivent le même processus.
Et sentons dès lors le potentiel que ce processus peut déclencher
pour créer des trouées de lumière sur la fenêtre
et finir à terme par en contaminer une grande surface.
Bien sûr, un grain de verre ne peut transmettre à lui tout
seul, la lumière vers l’intérieur.
Un point de verre lumineux permettra de remarquer qu’il y a une
source de lumière du côté de la fenêtre.
Une percée de lumière permettra de faire passer le salon
de l’obscurité totale à la pénombre.
Un carreau entier amènera la clarté et la survie de la végétation,
mais pas forcément des fleurs.
Seule l’entièreté de la surface permettra au soleil
d’inonder les plantes de ses rayons.
C'est donc dans ce but ultime que nous devons oeuvrer.
*
* *
“ Sois le changement que tu veux voir dans le monde.” Gandhi
Le titre “se changer soi pour changer le monde” peut paraître
passablement prétentieux. Pourtant, il s’agit d’un
concept qui, s’il est ambitieux dans ses objectifs, est relativement
modeste dans la démarche et représente un potentiel important.
Ce livre tente de donner des idées, donner des bases pour aider
et motiver ceux qui ont conscience que chacun de nous a, à la fois
une responsabilité importante dans la vie du monde, mais surtout
un pouvoir important pour apporter des changements en profondeur. Et ces
changements ont un potentiel de transformation à grande échelle.
Ce livre ne tente pas de faire une description objective, scientifique
de la réalité.
Il n’est que le reflet d’une opinion, il est coloré
par l’expérience, le mode de pensée, la personnalité
de la personne qui écrit, ainsi que de ceux et celles qui l'ont
influencée.
Je me propose
de partager ces conceptions, et orientations devant un bilan plutôt
négatif de la situation du monde. Les mentalités en Occident
évoluent dans le sens de l’inertie ou de la destruction.
Et les perspectives de catastrophes, tant naturelles, qu’humaines,
ne cessent de croître.
Il me plairait bien sûr qu’à la simple lecture, il
convainque le lecteur et lui fasse embrasser cette cause. Mais l’objectif
est, avant tout, de permettre à certains de se reconnaître,
même partiellement, dans la démarche. Et en se reconnaissant
dans cette conception de la réalité, il deviendra possible
de créer des liens entre des démarches individuelles ou
isolées.
Je serais heureuse, si de surcroît, certaines personnes qui ne partagent
pas ces “vérités”, puissent être titillées,
ne fut-ce qu’à partir d’une phrase.
Enfin, je m’adresse aussi à tous les autres, cette grande
majorité de gens, dont certains que je rencontre quotidiennement
et qui ne sont ni d’accord, ni en opposition avec cette façon
de concevoir la réalité. Tout simplement, ils n’ont
jamais regardé les choses sous cet angle, et le propos qui suit
ne les laisse en général pas indifférents.
La première partie du livre brosse le tableau souvent négatif
de la situation actuelle. Elle tente donc de circonscrire le problème
bien qu'il ne s'agisse juste que de l'effleurer. D'autres ont travaillé
sur ces sujets de manière beaucoup plus approfondie et intelligible.
Je cite certaines références en bibliographie.
Si vous adhérez à l’opinion que le monde est en train
de déraper gravement, que les mass-médias jouent un rôle
important dans ce processus, et que la réponse militante n’est,
en grande partie, plus adéquate ni suffisante pour parvenir à
changer cette situation, rien ne sert de s'appesantir trop longtemps sur
le sujet.
*
* *
Présentation
Ce livre a été écrit en 2005. Cependant, son contenu évolue en fonction de l'évolution de son auteure. Certains propos écrits en 2005 sont écrits dans un registre contestataire ou négatif. Le changement m'amène de plus en plus à définir des objectifs plus positifs, en étant plus centrée sur mes besoins et désirs et sur une nécessité générale, plutôt que sur ce qu'il faudrait « éradiquer ». Certains passages ne me paraissent donc plus aussi pertinents, bien que je ne les considère pas totalement obsolètes. Comme je ne me sens pas encore prête à les réécrire, j'ai dès lors choisi de conserver ces passages, en les signalant par le choix d'une couleur et d'une police de caractère différentes.
Vocabulaire
La langue française a coutume d’utiliser les mots “militants”
et “activistes” pour signifier les individus impliqués
dans un travail solidaire citoyen et public pour un changement sociétal.
Ces mots font souvent référence, directement ou de manière
détournée, à de la violence, qu’elle soit institutionnalisée
ou non, ou à un moindre niveau, à de la résistance.
Je voudrais dès lors ne pas les utiliser. Cependant, la langue
française ne propose aucun mot synonyme, excluant cette notion
de violence.
Je me permettrai donc d’employer un néologisme quand je
le juge nécessaire :
“cocréacteur” remplacera “militant” ou
“activiste”.
Cocréacteur, cocréagir, cocréaction, cocréactivisme,
cocréactif :
incluent les notions de :
coopération et solidarité,
créativité, innovation
action, changement.
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- Préface
1) Le monde ne tourne plus rond
2) La citoyenneté et la militance :
DEUXIEME PARTIE : PRENDRE LA DIRECTION DU CHANGEMENT
1) Notre consommation, notre responsabilité, notre conscience, notre pouvoir
2) De l'influence des mass-medias vers une information alternative
3) Retrouver la cohérence - se changer soi
4) Alterconsommation et autres alternatives
5) Solidarité
6) Y croire
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